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Publications



AVIS DE PUBLICATION

>"Etat et corruption en Afrique. Une anthropologie comparative des relations entre fonctionnaires et usagers (Bénin, Niger, Sénégal)"
Ouvrage dirigé par G. Blundo et JP. Olivier de Sardan avec des contributions de M. Tidjani Alou, N. Bako Arifari, M. Mathieu Paris: Karthala, 374 p.
Parution: Septembre, 2007

Texte de 4ème de couverture de "Etat et corruption en Afrique":
"Comment sont délivrés les services publics en Afrique ? Il s’agit là d’un chantier neuf pour la socio-anthropologie, qui, dans cet ouvrage, aborde le problème par le biais de la corruption quotidienne. En effet les relations entre fonctionnaires et usagers des services publics sont aujourd’hui indissociables d’une corruption (au sens large) banalisée et systémique. On trouvera ici les résultats de la première enquête de terrain qualitative menée sur ce thème à l’échelle de plusieurs pays ouest-africains (Bénin, Niger et Sénégal). Elle met en lumière le « fonctionnement informel généralisé » des administrations, dans des domaines comme les transports et la douane, la justice, la santé, les marchés publics ou les projets de développement. Elle décrit avec minutie les pratiques et les stratégies corruptives à l’œuvre dans le fonctionnement quotidien des Etats étudiés et leurs relations avec les citoyens. Elle permet de comprendre, en s’appuyant sur la sémiologie populaires, les études de cas ou les observations, quels sont les processus, professionnels, sociaux et culturels, qui favorisent non seulement l’extension de la corruption dans tous les domaines, mais aussi sa légitimation dans certains contextes et sa condamnation dans d’autres.
Le « complexe de la corruption » participe d’un profond processus de transformation de l’Etat africain. Nous assistons à l’émergence de formes de privatisation internes inédites et à l’institutionnalisation rampante de l’informel comme mode de gestion de l’État au quotidien.
Cette étude ouvre ainsi des perspectives innovantes et fécondes pour une socio-anthropologie de l’Etat, des cultures professionnelles, des itinéraires administratifs ou de l’éthique de la fonction publique, autrement dit pour une socio-anthropologie des espaces publics africains contemporains."

>L’espace public urbain : de l’objet au processus de construction
Ouvrage coordonné par Guénola Capron et Nadine Haschar-Noé, Toulouse : Presses Universitaires du Mirail
Parution: 2007

Résumé proposé par l’éditeur
Sans espace public, pas de ville. C’est l’une des antiennes des recherches urbaines depuis la fin des années 1980. Quand un espace devient-il public ? En quoi l’espace public constitue-t-il l’une des conditions de la convivialité en ville ? Peut-on construire du « public » dans des espaces juridiquement privés ?
Cet ouvrage cherche à explorer les modalités d’existence et les processus de construction de l’espace public, tout en dépassant les oppositions classiques entre État et économie, intérêts particuliers et intérêt général, qui fondent l’opposition du public et du privé. L’objet est ici analysé d’un point de vue processuel et non substantialiste qui risquerait de le figer. L’ouvrage réunit des géographes, des architectes, des urbanistes, des sociologues, des économistes et des politistes, qui révèlent que sphère publique et scène publique ne cessent d’interférer dans leur dimension spatiale comme dans leur dimension temporelle.

>« Un pouvoir local dans tous « ses états » : la chefferie traditionnelle de Maroua (Nord-Cameroun) Clio en Afrique, Bulletin de recherches en anthropologie et en histoire de l’Afrique, 24
Adeline Ausseil,
Parution: automne 2007

Revue de Cemaf-Aix en ligne


RESUMES PAR LES AUTEURS

> « La décentralisation et l’émergence des catégories sociales d’origine servile au Bénin et au Niger » Titre provisoire
Eric Hahonou
A paraître dans African Trajectories of Slavery edited by B. Rossi.

L’article propose d’examiner l’émergence politique contrastée des descendants d’esclaves dans le cadre de la mise en œuvre récente de la décentralisation en milieu rural au Bénin (élections communales de 2002-2003) et au Niger (élections de 2004). Il se fonde sur des recherches anthropologiques empiriques dans deux communes de l’Ouest nigérien (Gorouol, Bankilaré) et une autre du Nord Bénin (Kalalé). Dans ces trois localités, la décentralisation s’est présentée comme une opportunité inédite pour les anciens captifs ou dépendants de prendre une revanche historique sur leurs anciens maîtres. Tandis qu’en milieu songhay l’aristocratie a su maintenir ses privilèges de contrôle de la représentation politique et d’exercice du pouvoir, les anciens captifs touaregs et peuls ont au contraire su s’imposer dans le paysage institutionnel des communes et s’emparer des appareils exécutifs. L’auteur montre que c’est par le biais d’organisations associatives regroupant ces catégories sociales stigmatisées et longtemps mises à l’écart de la représentation politique, des services publics (éducation formelle, alphabétisation, hydraulique villageoise, santé…) et du développement que les membres serviles des groupes peuls et touaregs ont pu faire surface sur le plan politique. Pourtant au-delà des discours identitaires de ralliement pour accéder au pouvoir communal, la gouvernance des anciens dépendants ne semble pas proposer des modalités nouvelles et réformatrices.

NOTES DE LECTURE

>Dossier « Children, childhoods and childhood studies », American Anthropologist, volume 109, number 2, juin 2007 : 241-306
Lu par Elise Guillermet

Le numéro de Juin 2007 de American Anthropologist offre un dossier spécial sur l'anthropologie de l'enfance. Composé à la fois de synthèses revenant sur la constitution de ce champ de recherche ou sur un paradigme annoncé dans les années 90', il offre également quelques études de cas permettant d'apprécier les postulats théoriques et méthodologiques aujourd'hui proposés.

Composition du dossier : 6 articles
Myra Bluebond-Langner & Jill E. Korbin, « Challenges and opportunities in the Anthropology of Childhoods : an introduction to « children, childhoods and childhood studies » : 241-246, introduisent les débats concernant le nouveau paradigme dit « Childhood Studies » ou « Anthropology of childhoods », traités dans le dossier :
-Les enfants et les jeunes sont des acteurs, qui ont leurs propres perceptions et leurs influences sur la réalité sociale (agency). Comment considérer leurs points de vue?
Robert A . Levine, « Ethnographic Studies of Childhood : a historical overview » : 247-260, livre une synthèse historique sur l’approche ethnographique de l’enfance au cours du XXème siècle, accompagnée d’une riche bibliographie. Allison James, « Giving voices to Children’s voice : practices and problems, potfalls and potentials » : 261-272, présente alors avec nuances et réflexivité le statut à accorder aux données recueillies auprès des jeunes acteurs.
-La variabilité des degrés de vulnérabilité de cette catégorie est construite différemment selon les contextes politiques, sociaux et historiques.
Les trois derniers textes du dossier (David F. Lancy, « Accounting for Variability in Mother-Child Play » : 273-284, Christina Toren, « Sunday Lunch in Fiji : Continuity and transformation in ideas of the household » : 285-295, David M.Rosen, “International Humanitarian Law and the Globalization of Childhood”: 296-306) donnent des exemples de cette variabilité.
-Quel peut-être le positionnement de l’anthropologue qui travaille sur un objet intéressant également les acteurs politiques et notamment les défenseurs des droits universels ? Comment participer à des débats contemporains tout en produisant des connaissances ?
Le texte de David M. Rosen illustre cette question. Spécialiste en Anthropologie juridique, il analyse le cas des enfants soldats en Sierra Leone, protégés par les lois internationales, alors que dans leur contexte ils sont perçus comme des criminels de guerre. L’anthropologue évolue alors entre plusieurs échelles, montrant comme la perception variable de l’enfance et la configuration politique créent cette contradiction.

Informations concernant les auteurs
-American Anthropologist est publié par American Anthropological Association
-Myra Bluebond-Langner est professeur associé en Anthropologie et chercheur au Center for Children and Childhood Studies, à Rutgers University, Camden, USA. Elle est la fondatrice de la collection Book Series in Childhood Studies qui publie les résultats de recherches multidisciplinaires étudiant le regard que les enfants portent sur la société qui les entoure,
- Jill E. Korbin est professeur d’Anthropologie à Case Western Reserve University, USA. Elle est codirecteur de Shubert Center for Child Studies et de the Childhood Studies Program. Elle s’intéresse notamment aux différentes formes culturelles de maltraitance des enfants
- Robert A. Levine est professeur émérite en Anthropologie, en Education et en développement humain à l’université d’Harvard. Il a mené des études comparatives sur l’éducation et le développement des enfants au Nigeria, au Kenya, au Mexique et au Népal.
-Allison James est professeur de Sociologie à l'Université de Sheffield, au Centre for the Study of Childhood and Youth. Elle a participé aux ouvrages et aux débats anglophones portant sur le renouveau du champ de l’anthropologie de l’enfance, notamment en argumentant pour considérer les enfants comme des acteurs sociaux dont le point de vue est instructif pour comprendre la réalité sociale qu’ils contribuent à composer. Voir sa bibliographie
- David F. Lancy est professeur d’Anthropologie à l’Université de l’Etat de l’Utah. Il travaille sur les influences culturelles sur la littérature enfantine, les méthodes ethnographiques et le développement de l’enfant
- Christina Toren est professeur d’Anthropologie à Brunel University, West London. Elle est spécialiste des îles Fiji.
-
David M. Rosen est professeur d’Anthropologie à Fairleigh Dickinson University, Madison, USA. Il est spécialiste en anthropologie juridique.

>Tonda, Joseph & Missié, Jean-Pierre (éds). 2006. Les églises et la société congolaise d’aujourd’hui. Paris, L’Harmattan, p.193
Lu par Aleksandra Cimpric

Composition d’ouvrage : 13 contributions
Cet ouvrage est la publication qui est sortie après le troisième colloque de sociologie de la Faculté des Lettres et des Sciences Sociales de l’Université Marien Ngouabi.
Les réflexions des auteurs tournent autour du phénomène effervescent des nouveaux mouvements religieux notamment celui des "églises de réveil". Chacun des auteurs essaie, à sa manière, d’expliquer l’expansion des mouvements de ce type.
Joseph Tonda, « L’économie religieuse de la misère », dans l’introduction à l’ouvrage "Les églises et la société congolaise d’aujourd’hui", s’interroge sur l’omniprésence du religieux, en particulier celle des « églises de réveil » et démontre que cette dernière est du à une misère générale (matérielle, intellectuelle, psychologique, politique etc.) : qu’est-ce que ces églises offrent à ces adeptes ?

Ie PARTIE : MISERE INTELLECTUELLE, POLITIQUE ET BIOLOGIQUE
Paul Nzete, « Notes sur l’engagement des églises de réveil ». Il se donne comme objectif dans sa contribution de montrer que le succès des églises de réveil repose sur la misère matérielle et surtout sur l’ignorance des leaders qu’il désigne par le terme de « gourous ».
Elo Dacy, « Les églises de réveil et la problématique de la protection de l’environnement », aborde dans son texte la problématique de la protection de l’environnement. Selon lui, les églises de réveil, en transformant certains quartiers en lieux de culte, ont créé des espaces bruyants difficiles à vivre.
Mélanie Bangui Goma-Ekaba, « Les femmes et les mouvements religieux de réveil au Congo » s’interroge dans sa contribution sur les nouvelles pratiques adoptées par les femmes. Elle essaie de comprendre pourquoi les femmes adhèrent-elles davantage que les hommes aux « églises de réveil » et quels sont les impacts de ces églises sur le rôle et la vie des femmes qui deviennent les « épouses de Jésus ».
Victor Mboungou, « Le profil psychologique du chrétien des « églises de réveil » au Congo », esquisse le profil et la personnalité de l’adepte des églises de réveil. Selon cet auteur, les adeptes sont souvent angoissés, insatisfaits, frustrés et donc vulnérables.
Laurent Mvoula-Moukouari, « La quête du salut, la prolifération des églises et le libertinage religieux au Congo-Brazzaville », comme son prédécesseur cet auteur explique, à travers la notion de « libertinage religieux » qui exprime un malaise spirituel, l’instabilité des fidèles des « églises de réveil ».

IIe PARTIE : THEODICEE DE L’ARGENT, HISTOIRE ET CULTURE
Richard-Gérard Gambou, « Les marchands du temple de Dieu ou les pratiques mercantiles des églises congolaises », administre dans sa contribution la preuve d’une exploitation monétaire permanente des adeptes par ces églises fondées sur l’idée « donner toujours plus (à l’église) pour obtenir santé, mariage, travail, bonheur, argent… ». Il démontre que Dieu est devenu une marchandise pour ces églises.
David Mavouangui, « La sorcellerie, une métaphysiques sans âme », aborde la sorcellerie comme l’une des raisons pour la population congolaise d’adhérer à ces églises censées être capables de lutter contre la sorcellerie.
Jospeh Tonda ,« La violence de l’imaginaire religieux en société postcoloniale », montre que la violence de l’imaginaire est liée à la destruction des systèmes symboliques et exercée par les êtres imaginaires (fantômes, mauvais esprit, sorciers, Mami-Wata, etc.) sur des humains. Selon l’auteur, même si ces êtres appartiennent au monde « irréel », ils agissent concrètement sur le « réel ».
Jean-Pierre Missié explique, dans le texte « Les églises de réveil et l’imaginaire sorcellerie congolais », l’engouement des congolais pour ces mouvements. Comme le pentecôtisme reconnaît la sorcellerie, c’est donc pour se protéger de cette dernière que les masses fréquentent ces églises.
Deux historiens, Joseph Gamandzouri, « Du syncrétisme religieux aux églises de réveil en Afrique centrale. L’exemple du Congo-Brazzaville » et Domibique Ngoïe-Ngalla, «Les églises chrétiennes d’Afrique dans le temps. L’obstacle culturel. La résistence de l’histoire » se questionnent dans leurs contributions sur la dimension historique du syncrétisme religieux et des nouveaux mouvements religieux.
L’ouvrage s’achève par les réflexions sémantiques du lexique religieux d’Omer Massoumou, « Sémantisme du lexique religieux en République du Congo ».

Les nouveaux mouvements religieux
Depuis une vingtaine d’années, et surtout depuis la fin des années 1980, on assiste partout en Afrique à la montée de divers mouvements religieux. Les plus visibles et nombreux sont ceux qui sont issus des grandes « religions universelles » : les mouvements protestants (évangéliques, apostoliques, pentecôtistes), le renouveau charismatique, les Eglises de guérison, les mouvements islamiques et islamistes. Mais il existe également des mouvements et cultes dits « traditionnels » ainsi que des prophètes et des guérisseurs de tout genre.
On observe aujourd’hui en Afrique centrale à un dynamisme et un pluralisme religieux qui est marqué surtout par les églises protestantes dites de « réveil » et d’églises charismatique (dont la plupart appartiennent aux mouvement pentecôtiste dans son sens le plus large). Un des traits communs à la plupart de ces nouveaux mouvements religieux est qu’ils ont été fondés et se sont développés dans les villes, à l’initiative d’individus issus de milieux sociaux relativement aisés (étudiants et enseignants du supérieur, cadres, fonctionnaires) et relativement jeunes. Ces mouvements n’attirent en général pas les plus démunis, mais des jeunes relativement bien formés et ayant des ambitions de mobilité sociale.
La plupart de ces Eglises prennent naissance autour d’un prophète et comprennent une centaine, voir plusieurs centaines d’adeptes qui se regroupent régulièrement dans une ou plusieurs communautés de prière appelées paroisses. Ces Eglises offrent, à travers leurs discours surtout l'espoir d'accéder à une vie meilleure, la possiblité de guérison (la guérison miraculeuse) et la protection contre la sorcellerie et les mauvaises esprits qui hantent la vie quotidienne de la population locale.

Joseph Tonda est professeur au département de Sociologie de l'Université d'Omar Bongo de Libreville (Gabon). Il est l'auteur de plusieurs travaux sur l'économie religieuse du politique, l'imaginaire du corps dans la violence politique, les rapports sociaux de sexe et les médecines.
Quelques ouvrages et articles de Joseph Tonda
TONDA J., 2005, Le Souverain moderne. Le corps du pouvoir en Afrique centrale (Congo, Gabon)., Paris, Karthala.
TONDA J., 2004, « La figure invisible du Souverain moderne », Rupture 5, nouvelle série, Karthala, Paris, p. 181-216.
TONDA J., 2002, La guérison divine en Afrique centrale (Congo, Gabon), Karthala, Paris.
TONDA J., 2002, « Economie des miracles et dynamiques de subjectivation/civilisation en Afrique centrale. » Politique Africaine, 87, 20-44.
TONDA J., 2001, « Des affaires du corps aux affaires politiques : le champ de la guérison divine au Congo », Social Compass, 48(3), 403-420.
TONDA J., 2001, « Le syndrome du prophète. Médecines africaines et précarités identitaires », Cahiers d’Etudes africaines, 161, XLI-1, 139-162.
TONDA J., 2001, « Capital sorcier et travail de Dieu », « Dynamiques de l’invisible en Afrique », Politique Africaine, 79, 48-65.
TONDA J. & BERNAULT F., 2000, « Dynamiques de l’invisible en Afrique », Politique Africaine, 79, 5-16.
TONDA J., 2000, « Enjeux du deuil et négociation des rapports sociaux de sexe au Congo », Cahiers d’Etudes africaines, 157, XL-1, 5-24.
TONDA J., 1998, « La guerre dans le « Camp Nord », au Congo-Brazzavile. Ethnicité et ethos de la consommation/consumation », Politique Africaine, 72, 60-67.
TONDA J., 1997, « De l’exorcisme comme mode de démocratisation. Eglises et mouvements religieux au Congo de 1990 à 1994 », in CONSTANTIN F. & COULON C. (éds.), Religion et transition démocratique. Vicissitudes africaines, Paris, Karthala, 259-284.


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